
Combien de mobilisations citoyennes au cours des dernières décennies auront permis aux sociétés d’échapper au pillage et à la dévastation des terres, des lacs, des rivières et de la biodiversité ou du moins, auront limité les agressions aux territoires et à la santé?
L’indécision, voire l’inaction des décideurs publics ou leur complicité avec les promoteurs de projets parfois aussi discutables que peu discutés, soulèvent souvent l’indignation et la colère des populations locales impactées et des citoyens conscients de la gravité des menaces à l’intégrité des écosystèmes.
Ces citoyens questionnent alors le bien-fondé de projets peu justifiés, voire erratiques et tentent parfois de les stopper. Ils essaient aussi de modifier les cadres politiques, législatifs, évaluatifs et réglementaires pour éviter la mainmise d’intérêts privés sur le bien commun. Dans la foulée, nombre de mouvements citoyens inventent aussi d’autres façons de vivre pour habiter le territoire, ce dont témoigne le foisonnement des luttes citoyennes visant à protéger boisés et forêts, espaces nourriciers et espèces menacées pour assurer l’intégrité du vivant. Et on ne compte plus les initiatives créatives et conviviales de partage et de solidarité, dignes d’une liste sans fin à la Prévert, allant des jardins collectifs aux communautés bioalimentaires, des projets d’écotourisme, aux ateliers de réparation, de récupération et d’échanges jusqu’aux systèmes locaux de production d’énergie.
À travers cette mouvance, ponctuée de milliers d’initiatives d’éducation communautaire et environnementale, s’est peu à peu forgée une culture écologique nourrie d’apprentissages et d’expériences citoyennes, qui, au-delà de la transmission d’informations – si abondante, juste et convaincante soit-elle – permet un réel engagement dans l’action collective. Tout seul, le défi semble parfois trop grand alors que le partage des savoirs, des expériences et des ressources ainsi que l’analyse collective des projets, de leur portée et de leurs limites, donne l’élan pour les mener à bien. Cela dépasse alors largement l’écocivisme, ces gestes vertueux pour consommer moins et mieux (énergie, alimentation, transports, et cetera), autant de pas significatifs, exigeant cohérence et constance, mais demeurant néanmoins insuffisants face à l’ampleur des urgences écologiques.
L’approche écocitoyenne (…)
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Louise Vandelac et Lucie Sauvé, « Écocitoyenneté et sciences citoyennes », VertigO [En ligne], 22-3 | Décembre 2022, mis en ligne le 05 décembre 2022, consulté le 11 janvier 2026. URL : http://journals.openedition.org/vertigo/39655 ; DOI : https://doi.org/10.4000/vertigo.39655

